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samedi 11 février 2017

Rétrospective artistique : Tree of Codes

  Je reviens avec un billet un peu particulier, aujourd'hui, avec une envie de fraîcheur et de renouveau pour le blog, pour vous parler de ma semaine passée. Rassurez-vous : je ne vous parlerai ni de la partie révisions (y aurait-il d'ailleurs vraiment de la matière...?) ni du froid pleuvinant de la région parisienne. En revanche, j'ai quelques indications pour vos sorties futures... Je vous propose de procéder par étapes : à chaque jour sa sortie.
 
  En effet, ma première semaine de vacances m'a laissé libre d'écumer divers musées et salles de spectacle parisiens, et j'imaginais tellement de mots à écrire sur mes impressions que je me suis dit que j'allais vous les partager sur le blog. Car après tout, une rivière peut faire voguer d'autres beautés que celles des mots...

Vendredi 3 février 2017
  Crayons rangés, trousses refermées et rangées nonchalamment dans les sacs encore pleins des angoisses des contrôles et des fiches de révisions. Vite, j'enfile ma robe d'opéra et je file au Palais Garnier.
  Au programme : la première de Tree of Codes, un ballet contemporain. Peu habituée à cette danse, j'y vais avec encore quelques a priori en tête... "Le contemporain ? Que des pieds en dedans, des gestes pas aussi grâcieux que les classiques, plus saccadés, des décors minimalistes, une danse presque effrayante...". Du deuxième rang, je suis coupée du reste du monde, protégée du lustre majestueux, derrière moi, qui ne réflète plus les couleurs vives de Chagall, éteint. Puis une succession de tableaux s'enchaîne sur scène, avec cette proximité qui me permet de goûter à la danse contemporaine pour la première fois, d'émerveiller mes yeux qui ne se sont posés que sur les tutus chargés des étoiles classiques.
  D'abord, un feu d'artifices. Point d'arrivée de l'homme actuel. Là, c'est nous. Dans le noir complet, avec seulement ces lumières posées sur nos membres, qui suivent leurs mouvements. Tous conformes à la société, mais mus par la vitesse qu'elle nous impose, répondant présents à ses besoins, à ses appels.
Tree of Codes - 3
  Puis ces mains, reflétées dans des entonnoirs en miroir. Qui se chamaillent, qui s'énervent, se crispent, inquiétantes. C'est l'action de l'homme. Celle qui a transformé l'ère sauvage, belle, mythique, la beauté de la nature, des natures individuelles et de la multiplicité en ces lumières semblables, substituables. Il est temps de faire machine arrière. Temps de nous inviter à voir cette transformation, à contempler notre évolution...
Tree of Codes - 1
  Sauvage. Costumes beiges, minimalistes, que les corps presque nus. Seulement leur grâce invétérée, éblouissante, leurs mouvements envolés, libérés, délivrants. Il y a la force et la délicatesse, l'innocence de la beauté et de la nature qui ne connaissent rien d'autre, une musique douce, des groupes, ou des couples au sein desquels la sensualité prend tout son sens. Il y a cette douceur et cette tendresse entre tous, cette spontanéité.
Tree of Codes - 5
 Puis... Puis petit à petit, les couleurs apparaissent, marquant le début de la pudeur, le début des sentiments pervers et destructeurs. Angoisse, colère, jalousie... Les ostinatos rythmiques se font plus insistants, cadrant les danses. La société moderne, contemporaine, se forme. Ceux qui semblaient dotés d'un don inné de grâce se revêtent d'un manteau de cadres, de règles plus féroces. Le décor jusqu'alors si ouvert, comme de longues plaines étendues à l'infini, se structure : les rideaux tombent, un à un, jusqu'à cette vitre, de laquelle se détachent deux globes de verre, qui tournent sur eux-mêmes sous l'impulsion des hommes, en bas, plus nombreux, et plus seuls.
Tree of Codes - 14
  Ce que j'ai aimé, c'est la liberté. La liberté du danseur et celle du spectateur. L'importance accordée à l'interprétation personnelle de chacun, donnant presque au spectateur le rôle de metteur en scène. On peut se laisser porter par une suite éclectique de décors et d'ambiances, ou se forger son histoire, à travers celle que transmettent ceux qui la portent. Loin du carcan classique, de ses dialogues gestuels très codifiés, on est projeté dans un univers nouveau : le nôtre, dansé par d'autres.
  Tree of Codes ne m'a pas seulement amuie d'émotions et d'impressions, mais m'a introduit la danse contemporaine, un art libre, libéré, libérant, comme la force du cri sauvage d'un cœur encore vierge de maux.
 
Jusqu'au 23 février 2017 à l'Opéra de Paris
Chorégraphie de Jamie McGregor
(Interprétation livrée ici tout à fait personnelle, libre à vous de vous construire la vôtre...)
 
Photo : © Joel Chester Fildes

2 commentaires:

  1. J'aime beaucoup ton interprétation du ballet. Tu donnes envie d'aller le voir !

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    1. J'espère que tu as pu t'y rendre ! :)

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