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jeudi 26 février 2015

Charlotte, de David Foenkinos

  Cette chronique, je ne pensais pas l'écrire. 
Parce que je pensais simplement avoir laisser mon dernier point clore mon aventure bloggesque. 
Mais finalement non ? 
Peut-être. 
Peut-être pas. 
Mais en tout cas, je suis certaine d'une chose : l'aventure s'arrêtera définitivement si cette chronique n'est pas différente. 
Alors pardonnez-moi si je prends quelques libertés, si c'est un peu le bordel, si c'est un peu plus franc et un moins rond que d'habitude, mais j'ai envie, j'ai besoin de m'exprimer comme je le fais dans la vraie vie. 
Surtout pour Charlotte.
  Ce bouquin que j'ai dû lire à l'arrache pour un exposé qui me saoûlait un peu, sur le prix Renaudot de cette année. 
Et puis aussi, c'était carrément priceless pour un petit livre de 200 pages...avec même pas de jolie couverture, rien de particulier, quoi. 
Mais bon, après quelques bouquineries j'ai fini par le trouver chez Gibert un peu moins cher... 
Je me suis dit que de toute façon j'avais pas vraiment le choix...et j'avais pas vraiment le choix !
  Et puis je me suis laissée emporter. 
Un petit bouquin court et avec une couverture toute pétée okay, mais putain ! ... j'ai même pas vraiment compris ce qui se passait... 
Je n'ai pas vraiment lu, c'est plutôt Charlotte, et Charlotte qui m'ont happée. 
L'histoire de cette peintre, sa vie, ses déboires, toute sa douleur, je l'ai ressentie comme je n'avais jamais rien ressenti dans un livre. 
C'était fort, c'était puissant, c'était beau, c'était fragile, c'était juste et complètement poignant, carrément frappant. 
Comme un poing qui vous arrive en pleine gueule et qui vous empêche de vous relever.
  L'histoire d'une jeune femme, d'une fille dépassée par ce qui lui arrive, perdue dans ce monde en guerre dans lequel elle doit se cacher, qu'elle finit par détester. 
Un monde qui la rejette et qui lui arrache tant de choses. 
L'empêche de vivre tant de choses. 
L'emprisonne. 
La camisole.
  Je l'ai ouvert comme ça. 
Il y avait des retours à la ligne à chaque point.
Comme un poème.
Comme une chanson.
Un peu comme les couleurs d'un tableau.
Un peu comme les tableaux de Charlotte.
Alors j'ai compté, j'ai essayé de comprendre, de savoir.
Mais non, il n'y avait ni pieds, ni vers, ni rien.
Juste la volonté de retourner à la ligne.
Pour respirer.
 Parce que Charlotte est différente.
Et que Foenkinos jette sa vie.
D'une façon si crue qu'elle en devient presque malsaine.
Alors on s'y fait.
On va juste à la ligne.
Et on se rend compte que c'est nécessaire pour avancer.
Et pour respirer.
  Charlotte m'a eue en un dimanche.
Un dimanche un peu gris.
Heureusement.
J'aurais pas supporter qu'il fasse beau, qu'il y ait un grand soleil alors que je lisais cette histoire, cette vérité.
Un dimanche où rien n'allait vraiment.
Où j'étais triste et fatiguée, un peu déprimée.
Et puis il y a eu Charlotte.
Voilà.
Ca tient en un mot.
Juste son prénom.
Charlotte.
J'ai cru qu'une histoire d'amour allait une fois de plus tout arranger.
Que les faits seraient romancés ou du moins écrits avec pudeur.
Mais non.
Rien à voir avec cette délicatesse propre à Foenkinos.
Là c'était juste à l'état brut.
Et c'est ce que j'ai aimé.
Cette franchise, cette vérité, cette lourdeur dans les mots qui ont noirci les pages à demi écrites.
Et puis Charlotte est là et elle vit.
Et elle meurt aussi.
Parce que tout est dit et que rien n'est caché.
A la fin, elle meurt.
Voilà.
Point.
Fin de l'histoire.
Tuée alors qu'elle était enceinte, à 26 ans.
Sérieusement ?
Oui oui.
Vous pouvez dire merde, vous pouvez avoir un battement de coeur en moins, ça changera rien.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle a carrément pas été la seule.
Et que c'était complètement gratuit.
L'histoire de Charlotte est exceptionnelle pour sa douleur et sa tristesse.
Elle prend aux tripes parce qu'on a mal pour elle.
Parce qu'on comprend et que jamais on ne pourra comprendre.
C'est trop personnel et trop publiquement étalé.
Trop frappant, trop... Trop, voilà.
Charlotte, c'est un bouquin pour adulte.
Charlotte, c'est un bouquin qui a gagné des prix.
Charlotte, c'est un bouquin qui a été écrit par David Foenkinos.
Trois catégories.
Et pourtant, Charlotte est inclassable.
Peut-être parce que cette inconnue nous paraît soudain tellement proche et tellement réelle que c'est flippant.
Peut-être pas.
Y a un truc spécial.
Juste et fragile.
Injuste et puissant.
Bref, un truc un peu bizarre.
Qui change tout et qui me fait dire que finalement, David Foenkinos s'en fout un peu de tout ça.
Qu'il a juste écrit ce bouquin pour Charlotte et pour lui.
Parce que ça le taraudait et que ça devenait trop lourd à supporter sans qu'il ne couche sur papier tous ces mots et tous ces faits qui tournaient dans sa tête et dans ses veines.
Voilà.
C'est l'impression que m'a fait Charlotte.
Un bouquin presque égoïste, et qu'on garderait bien pour nous, aussi, en lecteurs, mais qu'on a besoin de partager avec une personne.
Vous savez, cette personne qui nous comprend plus que nous-mêmes ?
Alors maintenant, vu que c'est fait, je le partage avec vous.
  Je ne sais pas si je vous ai convaincus, si je vous ai donné envie...
Ca serait méchant de dire que je m'en fiche un peu ?
Désolée alors, mais je pense que si vous lisez cet espèce d'extraterrestre, vous comprendrez ce que je veux dire.
Tout est tellement intérieur et intériorisé que...les autres, ça passe après.
Bon...je sais, c'est un peu bizarre cette chronique, ces mots que je vous lâche comme ça mais je ne vois pas vraiment comment le faire autrement.
C'est juste le ressenti d'une histoire tortueuse et les cendres, les miettes de ces pages qui ont un peu crevé mon cœur.


Un ressenti qui se rapproche un peu de ça
Le reste, on s'en fout :)

14 commentaires:

  1. Goutte... ne change rien, vraiment . C'est ton style, garde- le.
    C'est un des blogs que j'ai découvert en premier, celui que je lisais exclusivement, puis j'en ai découvert d'autres, mais le tien régnait en maître dans mon coeur, sincèrement. C'est en partie grâce à toi que je me suis lancée, moi aussi, dans cette aventure. Même quand tu publiais moins, je restais attachée à ton blog et c'est à cette période que j'ai eu un compte google et que je me suis quand même abonnée, sachant bien que c'était peut être la fin.
    J'ai aimé cette chronique, j'aime te lire, j'aime tes mots, tes phrases. Tu viens d'apporter un vent nouveau, et je t'admire pour cela.
    Charlotte est un roman à part, Foenkinos un grand maitre et tu as eu raison de t'exprimer comme tu l'as fait.
    Je ne sais plus quoi dire, alors je ne vais plus rien dire, mais ton retour serait vraiment cool.
    Bises :)

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    1. Si tu pouvais savoir comme ton message m'a fait plaisir/émue/touchée :) ♥
      Tu en as dit assez, ne t'inquiète pas, même trop peut-être, parce que je ne sais pas quoi dire moi non plus pour te remercier ♥
      Merci pour tout ! :) ♥

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  2. Tu m'as donnée envie de lire ce livre. Pas que pour les retours à la ligne mais un peu quand même :) (même si je pense que je vais attendre un peu, je viens de finir Une Vie, de Maupassant et j'ai vraiment trouvé ce roman déprimant, inclassable également mais déprimant...).
    Par contre, c'est dommage si pour toi ce n'est plus important de donner à tes lecteurs envie de lire les romans dont tu parles, dommage parce que personnellement je le trouve super ton blog...

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    1. Haha ! Ca m'a beaucoup intriguée aussi, je dois bien l'avouer O:)
      J'avais commencé Une Vie, mais jamais pu continuer...pour les mêmes raisons malheureusement... Il faudrait que je m'y remette ! :)
      Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, simplement que pour ce livre en particulier...enfin tu verras si tu le lis mais...je ne sais pas comment dire : tout est trop intérieur et c'est comme ces chansons magiques qu'on a envie de garder pour nous et de faire découvrir à tout le monde en même temps... Assez indéfinissable comme sensation :)
      Mais merci :) ♥

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  3. Chat, cette chronique est époustouflante ♥
    Tu m'avais déjà donné envie de lire cet ouvrage, mais là, c'est devenu vital.
    Bravo, c'est sublime, tout simplement.

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    1. Merci :) ♥
      J'espère ! Tu sais où tu te trouves dans ma chronique :) ♥

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    2. Je ne savais pas s'il fallait vraiment me voir moi dans cette phrase, mais apparemment oui, alors des millions de coeurs chat ♥♥

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  4. Salut! Je passe peut-être pas assez souvent sur ton blog pour commenter... en fait, très rarement, mais j'aime beaucoup lire tes chroniques! Je suis sûre que beaucoup les aime, sans prendre le temps de te le dire vraiment...
    Ça aurait été dommage si tu avais gardé ça pour toi, parce que tes chroniques (et la musique trop... que tu as mise à la fin), il y en a beaucoup que ça aide à prendre leur propre élan! Pour se lancer dans de nouvelles lectures, ou simplement pour se décider à oser s'exprimer...
    Après tout, ta façon de faire est aussi émotive que si tu avais voulu écrire la vérité, parce que c'est ce que tu as ressenti réellement qui est intéressant, et tu transmets toujours cette envie de lire et de découvrir. Ce don que tu as pour partager dans de simples mots, même à travers un ordinateur, pour dire ce que tu penses!
    Il n'y a pas de raison pour écrire, c'est juste une envie, et je dois te dire que ton blog est fabuleux pour ça, et j'espère que savoir qu'il y en a qui te lisent, même si d'un autre côté tu nous connais pas et que nos identités, on s'en fout, bah ça te rend fière de toi!
    Bonne chance pour tes futurs choix, après tout on n'a pas de contrat à signer avec les lecteurs quand on devient blogueur, alors rien ne t'empêche de tout laisser tomber, mais je pense personnellement que faire ce dont on a vraiment envie rend plus heureux que d'arrêter de se contraindre, et que si le but est un peu plus loin qu'on le pensait, il faut continuer quand même... Mais tu dois être sûre de ce que tu veux faire avant tout, et j'espère que je pourrai continuer à lire tous ces mots encore et encore!
    Ce commentaire est assez long et peut-être inutilement chiant mais je voulais ajouter ma petite graine, si on peut le dire comme ça!
    Merci pour le temps que tu prends pour faire tout ça, et pour partager ce que tu penses! :)

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    1. Ce commentaire est certes assez long, mais vraiment utile et pas chiant du tout, rassure-toi ♥ Au contraire, ça m'aide vraiment à me rendre compte qu'abandonner aussi soudainement serait un peu bête, un peu lâche... Merci pour tous tes mots qui m'ont vraiment aidée et pour avoir pris tout ce temps pour m'écrire, ça me touche vraiment beaucoup ♥♥

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  5. Waouh *-* Peut-être que toi tu avais l'impression d'écrire un peu n'importe quoi, en brouillon presque, mais je peux te dire que c'est époustouflant, comme chronique. Ça en est même poétique. Et puis c'est original, ça nous donne encore plus envie de l'essayer... Bravo ♥
    P.S. : J'espère que tu vas arriver à remettre tes idées en place ma jolie ^^

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    1. Haha ! A ce point ? :) En tout cas merci, et merci d'être là, surtout, merci de m'écouter quand j'en ai besoin ♥
      ^^ Je crois que l'idée commence à monter :P ♥♥

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  6. Une chronique très intrigante, captivante, qui me rend curieuse sur ce fameux livre !
    Si j'ai bien compris tu envisagerais d'arrêter la blogo ? Ce serait très dommage ♥

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    1. C'était bien le but ! J'espère t'avoir poussé à l'ouvrir :) ♥
      Je ne sais pas trop encore...tout se mélange un peu dans ma tête en ce moment, il y a trop de choses et en même temps pas assez... Je vous tiendrai au courant de toute façon ♥

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  7. Je ne connais pas du tout ce livre, je n'en ai jamais entendu parler, mais là, en lisant tes mots avec en fond sonore Blizzard, j'ai eu l'impression que c'était une évidence : Je devais le lire, je devais découvrir ce roman.

    Je te découvre à travers cette chronique, la toute première que je lis de toi, et même s'il est surement trop tard, même si tu n'écris peut être plus, j'aimerai lire à nouveau tes mots pour me pousser vers ce genre de livre que je n'aurais peut être jamais lu.

    Ta chronique m'a touché, alors merci et peut être à bientôt !

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