En quelle langue?

vendredi 9 janvier 2015

JE SUIS CHARLIE

http://www.charliehebdo.fr/index.html
 
Voilà.
Je ne sais pas trop pourquoi je fais ça. Pourquoi j'écris cet article ce soir, alors que tout est "fini" comme le disent certains. Je ne sais pas trop pourquoi j'éprouve ce besoin intense de poser des mots véritables, des mots presque physiques sur tout ce qui s'est passé ces derniers jours. Un chose est sûre, j'en ai besoin. Comme tout le monde, je pense. En ces temps où l'on doit être soudés, où l'on ne doit faire qu'un, et respirer pour nos droits à l'unisson, avec le même cœur, les mêmes mots et le même combat, j'ai besoin d'écrire.

Je veux préciser avant tout que je ne provoque personne, que je ne fais ça pour personne si ce n'est ces dessinateurs qui ont fait couler de l'encre et dont on a fait couler le sang.
Mes mots sont brouillons, j'en suis désolée.
 
Je sais que ce n'est peut-être pas le meilleur endroit. C'est un blog de bouquins, qui est sensé parlé de ça et finalement de quoi d'autre ? Exprimer notre avis. Sauf que, bien sûr, je le fais à moindre conséquence, mais je m'exprime en vous partageant mes avis, à chaque fin de lecture. Le rapprochement est stupide parce que réducteur, certes, mais, à travers mes chroniques, à travers ces millions de mots que j'ai écrits sur ce blog, j'ai exprimé mon opinion. Des avis parfois négatifs, parfois trop marqués, sans doute, parfois positifs, parfois trop enjoués. Mais des avis. Et j'ai été heureuse d'avoir pu le faire. Parce qu'en m'exprimant ainsi, et en recevant vos commentaires et en continuant depuis plus de trois ans à faire tout ça, je me suis sentie libre. Libre de dire ce que je pensais, ce que j'avais sur le cœur par rapport à tel ou tel écrit. Bien sûr, je n'ai jamais rien chroniqué de réellement polémique puisque je me suis limitée à critiquer des livres d'adolescents la plupart du temps. Et pourtant, plusieurs fois, j'ai effacé quelques mots en relisant mes lignes fraichement écrites. J'ai retouché, arrondi, adouci.
 
Eux ont choisi de poser des mots bruts, des dessins vifs et parfois, on peut le dire, provoquants. Mais ce n'était pas de la provoque pour la provoque ! L'essence même d'un journal satirique n'est-elle pas d'exagérer toutes les caricatures afin de faire réagir les lecteurs, de les confronter justement à ce à quoi ils n'auraient pas forcément réfléchi ? De se faire une opinion propre vis-à-vis de tel ou tel événement ? De ne pas avoir une pensée unique ?
Alors, maintenant, on leur reproche d'avoir été trop durs, trop provoquants, trop choquants... Mais merde : c'était le but ! Et qu'est-ce que les gens pourraient trouver à y redire ? Ils ont voulu faire leur métier, c'est tout. Un beau métier. Un métier qui demande du courage, parce qu'aussi humoristiques qu'ils aient pu être, ils ont sûrement tailler sept fois leurs crayons avant de coucher sur papier les images qu'ils avaient dans la tête, pour bien des sujets.
Et plus important : ce qu'ils ont dessiné, ce n'était pas contre une religion, mais contre un extrémisme, un fanatisme. Et plus important encore : rien n'était personnel puisqu'ils ont caricaturé tout et tout le monde.
Mais bien sûr, j'oubliais : pour les chrétiens, pas de souci si on rit de l'islam ou du judaïsme, pour les juifs si on rit de l'islam ou des chrétiens et pour l'islam si on rit du judaïsme et des chrétiens. Parce qu'on vit tous pour nos opinions, pour notre religion. On dit tous que l'humour ne fait pas de mal, qu'il est là pour dédramatiser et que personne n'était visé, mais dès que le sujet se précise, tout de suite, les personnes "concernées" s'offusquent. Alors, qu'en est-il vraiment de l'humour ? Qu'en est-il vraiment de la satire ? Qu'en est-il vraiment de la tolérance ?
 
Beaucoup de choses sont passées sous silence parce qu'il faut rester "politiquement correct". Depuis quelques années, j'ai l'impression que c'est notre expression préférée. Charlie Hebdo s'en foutait pas mal de ce "politiquement correct" j'ai l'impression. Et je pense qu'ils avaient raison. On parle de liberté d'expression ? Comment l'expression peut-elle être libre si l'on doit voiler, atténuer tous nos propos ?
 
Pour être franche, je ne lisais pas du tout ce journal, j'en avais même à peine entendu parler avant ces dernières 54 heures. Depuis, j'ai regardé quelques unes, quelques dessins, quelques caricatures. Bien sûr, on peut trouver certains dessins extrémistes, provoquants, mais il y avait quand même un fond dans ce qu'ils dessinaient. Il y avait un sens. Ca ne plaisait sans doute pas à tout le monde, et moi aussi j'ai été assez atterrée par des libertés qu'ils ont prises en dessinant mais...c'était leur droits. Et c'était de l'humour. Noir. Satirique. Poussé. Presque malsain parfois, okay. Mais de l'humour. En tout cas, c'est ce qu'il voulait faire ressortir.
 
J'ai lu dans un article d'un rescapé de l'attentat que l'équipe de la rédaction avait presque cru à une blague quand les deux frères étaient entrés. Ils riaient de tout. De rien. Peut-être un peu trop. Et ?
 
Vous pouvez parfaitement vous dire que je suis ridicule de parler de ça aussi longuement, de revendiquer le droit de "m'exprimer" alors que je ne suis qu'une gamine de 15 ans. Mais j'ai trop de peine pour garder tous ces mots enfouis. On nous félicite souvent, nous autres, bloggeurs littéraires, pour notre style, nos qualités, pour savoir aligner quelques jolis mots. Je n'ai même pas cherché à faire de belles phrases. J'ai seulement cherché à écrire ce que j'avais sur le cœur : de la peine, une immense tristesse, du désespoir, de l'espoir. Et tant d'autres choses qui ne portent simplement pas de nom.
 
Je n'ai jamais autant lu les journaux, autant suivi l'actualité que ces trois derniers jours. Et je n'ai jamais été aussi émue par la défense des valeurs de la France. Certains sont des héros, certains sont des lâches, certains sont perdus.
 
Mais on doit continuer à avancer.
 
Voilà. Désolée si tout ceci est brouillon, dans le désordre, sans queue ni tête, si je suis un peu plus franche que d'habitude, moi qui laisse rarement blog et vie privée s'entremêler mais j'avais besoin d'écrire cela, comme j'ai eu besoin, comme beaucoup d'autres, de changer ma photo de profil pour un fond noir et une inscription. Belle.
 JE SUIS CHARLIE.
NOUS SOMMES TOUS CHARLIE. 
 

4 commentaires:

  1. Tu exprimes très bien ce que tu ressens, ce que nous ressentons tous face à cet acte monstrueux !
    #JeSuisCharlie

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    1. Je ne sais pas vraiment, mais en tout cas je l'exprime... c'est sans doute déjà ça :)
      #JeSuisCharlie, tu as bien raison ! :)

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  2. Je lis avec du retard ton "billet", que j'ai beaucoup apprécié. C'est très personnel mais... je suis fière toi! Bravo pour ta franchise, la réflexion que tu as menée, et l'intérêt que tu portes à l'événement.
    A très vite, samedi j'espère.
    Angélique

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    1. Merci :) C'est assez bizarre de dire merci sous ce post, mais ... ^^"
      Désolée pour samedi... JPO, me voici ... :/
      A bientôt, j'espère aussi ♥

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