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vendredi 29 août 2014

Magnus, de Sylvie Germain

  Franz-Georg, dix ans, a connu à cinq ans une fièvre qui l'a amputé de ses souvenirs. Sa seule relique : son ourson, qui porte brodées autour du cou les lettres M.A.G.N.U.S. Ses parents l'aident à se reconstruire un passé. La guerre s'achève en Allemagne, les parents sont séparés, et Franz-Georg - devenu Magnus - est confié à son oncle en Angleterre. Adulte, il s'envole pour le Mexique, à la recherche de son père, et apprend la vérité sur un passé bien trouble.
 
Ecrit par Sylvie Germain
Aux éditions Folio
265 pages
Tome unique - One Shot
 
             MON AVIS
 
  Alors alors ! Ca fait bizarre de n'avoir à remercier aucune édition en ce début de chronique, mais je remercie ma...pas prof de Français mais bref, si elle lit ces mots, elle se reconnaîtra (!), pour m'avoir tant recommandé ce livre et pour me l'avoir offert !
  Ce livre, j'ai mis du temps à le commencer, je l'ai lu cet été et j'avoue que bizarrement, même si on me le conseillait depuis longtemps, tout, absolument tout me rebutait dans ce bouquin. Le résumé était pourtant assez tentant mais...je ne sais pas, il y a parfois des livres qu'on ne sent pas, ou dont on ne veut pas entendre parler. Magnus était l'un de ceux-là.
  Et pourtant.
  J'ai lu les premières pages, puis les suivantes...sans vraiment comprendre. Mais je me suis accrochée parce que même si je ne comprenais pas le fond de l'histoire, la plume, le personnage, le mystère de ce livre me plaisaient.
  Puis arrive le déclic. Parce qu'un livre qu'on aime bien sans comprendre c'est bien, mais en comprenant, c'est mieux !
  L'auteure veut en fait nous plonger dans la sorte de comas dans lequel est Magnus (l'humain !) et y arrive à la perfection. Une fois ceci compris, on peut vraiment se lancer pleinement dans l'histoire, saisir et comprendre toute la psychologie des personnages.
  Au début de ce livre, Franz-Georg est encore un enfant. Un enfant dont les cinq premières années ont mystérieusement été occultées. Sa mère Thea lui raconte ces années avec chaque fois quelque chose de différent, avec des allures de contes, tandis que Clemens, son père, travaille comme médecin. Un homme très froid, très distant qui change d'identité puis disparaît à la fin de la Seconde Guerre mondiale, laissant Thea et Franz-Georg seuls.
  Bientôt, Franz-Georg est envoyé chez son oncle à Londres et entame une nouvelle vie, puis décide de chercher son identité à travers le monde.
  Petit à petit, le tout jeune garçon qu'on a connu au début du livre prend conscience du tissu de mensonges dans lequel il a grandi, il prend conscience de se solitude. Il comprend qu'il ne peut se rattacher à rien, qu'il n'a plus ni passé, ni enfance, ni souvenir. Il n'a plus que le moment présent.
  Alors il se crée une identité à partir de ce nounours et des six lettres bordées dessus. M.A.G.N.U.S.
  Ses rencontres le guideront, l'aideront ou le feront plonger un peu plus bas, mais dans une vie, rien n'est dit et tout peut arriver.
  J'ai beaucoup aimé cet univers, cette quête d'identité entreprise sans relâche par Magnus que j'ai avidement suivi. Rien n'est laissé au hasard, rien n'est prédit d'avance et tout est habilement mené, mêlé, à tel point qu'on retombe toujours sur nos pieds. C'est une histoire inédite qui nous fait aussi prendre conscience (je sais, c'est la cent-vingtième fois que j'écris "prendre consience". Cent vingt-et-unième.) de notre propre existence, de notre propre identité, de nos mensonges à nous, de nos découvertes etc. Dit comme ça, ça peut paraître un peu bizarre, voire même un peu sectaire peut-être, et j'en suis désolée si c'est le cas, mais je ne peux pas dire autre chose : ça ouvre une porte sur notre monde à nous et ça nous fait grandir.
  De plus, les parallèles avec l'Histoire m'ont beaucoup plu, je les ai trouvées bien trouvées justement et finement établies. J'ai été surprise à bien des reprises sur cette part de l'histoire et voir les faits sous l'angle présenté dans Magnus est très intéressant.
  La plume de Sylvie Germain est très agréable, avec de superbes descriptions, de très belles métaphores et une part de mystère, de laisser-court à notre imagination pour faire le reste. J'ai adoré cette part importante de détails qu'elle laissait au lecteur. Tout est beau, mais elle ne s'encombre pas de descriptions lourdes et trop pointilleuses ; elle nous laisse écrire un petit peu aussi.
  Et pour finir, cette agréable répartition des chapitres qui m'a beaucoup étonnée puique deux chapitres (ou notules) étaient à chaque fois séparés par des fragments, échos, palimpsestes, litanies, séquences, ou intercalaires, qui sont des tout petits passages de vie, des citations ou autres. Ca rythmait diablement bien le roman et donnait un aspect nouveau à chaque partie.
  J'ai donc beaucoup aimé ce roman bien plus "adulte" que ceux que j'ai l'habitude de lire, et ce petit saut dans la littérature adulte m'a fait beaucoup de bien, je dois dire !
  On pleure, on a peur, on rit (rarement), mais on en apprend aussi beaucoup sur nous-mêmes, faisant une petite quête d'identité de trois cents pages pendant que Sylvie Germain déroule celle d'un vie entière.
  A lire !
 
Une chanson
 

3 commentaires:

  1. Ce roman a l'air passionnant! Ta critique m'a donné envie de le lire! :)

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    1. Il est vraiment top ! Il gagnerait à être un peu plus connu =)

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  2. Ce livre, j'hésite à le lire depuis quelques mois. J'ai étudié un extrait en français que j'ai vraiment adoré : c'était poétique, sublime, riche. Un texte que j'ai vraiment trouvé magnifique.
    Pourtant, malgré ce texte qui m'a beaucoup plu et deux amies qui me le recommandent, j'ai du mal à le commencer. La couverture, l'histoire ne m'attirent pas tellement. Je me suis enfin décidée à le prendre à ma médiathèque. Et ta chronique est positive donc... Je vais le commencer bientôt, c'est décidé. Même si ce livre ne m'attire pas, il risque comme toi de me plaire. Merci pour cette belle chronique :) Stéré

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