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samedi 20 avril 2013

Zouck, de Pierre Bottero

Zouk, Pierre Bottero
  Zouck et Maiwenn, passionnées toutes deux par la danse et si proches qu'elles partagent tout, déchirent progressivement leur amitié lorsque Maiwenn, follement amoureuse de quelqu'un rencontré sur le Net, s'éloigne et devient de plus en plus distante, tandis que Zouck (Anouck) est obsédée par l'idée de perdre quelques kilos superflus et se coupe du monde.
 
Ecrit par Pierre Bottero
Aux Editions Flammarion
153 pages   
 
                     MON AVIS
 
  Depuis plusieurs semaines, j'avais ce livre en tête et j'ai sauté dessus lorsque je me suis aperçue qu'il était dans ma bibliothèque. Je l'ai lu en deux ou trois heures et j'ai pleuré le tiers, bon le quart du temps.
  En ce moment, et ce, depuis quand même pas mal d'années, on ne parle que de beauté à partir du moment où on est mince, très mince, voire maigre. Il n'y a qu'à regarder dans les magazines, pour s'en rendre compte. Et forcément, il y des conséquences à tout ce lavage de cerveau...
  Zouck rentre dans l'engrenage bien vite, après avoir surpris une conversation entre sa professeur de danse et un danseur et chorégraphe pro qui venait exceptionnellement assister au cours. Elle retourne un instant dans la salle de danse pour prendre son cache-coeur qu'elle avait oublié après la séance, et les entend parler d'elle entre autre. Ce professionnel explique à sa prof qu'elle est bien trop grosse, enveloppée en tout cas pour pouvoir vraiment bien danser. Là, c'est le déchirement pour Zouck. Surtout, dans le monde de la danse (je suis bien placée pour le savoir : j'en fais depuis bientôt 10 ans, de la classique, en plus!), l'apparence est capitale. C'est vrai qu'en même temps, une danseuse vraiment grosse, ça n'est pas très gracieux, mais après tout, lorsqu'on en fait pour se faire plaisir, quelle importance?
  Mais pour Zouck, au contraire, c'est très important. Ce qui est magique dans ce livre, c'est que malgré la stupidité de ses actes, on arrive parfaitement à la comprendre, on en vient même à se dire que c'est logique, jusqu'à ce que son régime ne devienne trop puissant, trop intense, trop excessif. La sentence tombe : anorexie. Un seul mot peut résumer bien des malheurs.
  De l'autre coté, on a Maiwenn, une très belle jeune fille de 18 ans, comme Zouck, qui attire beaucoup les garçons. Mais le jour où elle rencontre de type, sur Internet et en tombe follement amoureuse, sa vie sociale part en fumée ; elle ne vient plus en cours, ne parle plus à personne, ne donne plus de nouvelles. Et puis les désillusions apparaissent, bien vite.
  Deux amies, deux combats, deux chemins qui se rassemblent parfois, la majorité du temps, mais se séparent au long de l'histoire.
  Bien que le roman aille un peu vite, j'ai été impressionnée par la puissance des mots de l'auteur, que je lisais pour la première fois. L'intensité des phrases qu'il couchait noir sur blanc. Impressionnée par la façon dont il s'est appropriée Zouck alors que ce n'est pas un sujet facile, au contraire.
  L'histoire m'a arrachée quelques larmes, c'est certain. Des larmes de compassion et d'impuissance pour cette jeune fille en train de se détruire elle-même. Le fait que ce soit, en plus, dans le milieu de la danse, ça rajoute un truc très fort, mais je ne saurais pas vraiment l'expliquer. La lecture de ce livre est très personnelle, en fait, c'est pour cela que j'ai beaucoup de mal à vous en parler : il m'a touchée, m'a transpercée au plus profond de moi-même, donc...c'est assez difficile de décrire le livre... Vous m'excuserez! =)
  Le plus triste dans cette histoire, c'est que Zouck ne se rend pas compte qu'en perdant tant de poids d'un seul coup sans en avoir besoin, elle ne pourra plus danser, vibrer au son de la musique qui la transforme en être éthéré. Lorsqu'elle danse, elle se sent protégée, sûre d'elle, heureuse, elle ne pense plus à ses problèmes, elle oublie tout, elle vit juste pour la danse.
  La plume de l'écrivain y est bien sur pour quelque chose. Elle est d'une puissance, comme je le disais, incroyable. Il arrive à nous faire ressentir des choses démesurées et, d'une certaine façon, c'en devient presque gênant... Ça reste pudique, en revanche, mais ses mots sont transperçants et se fichent dans le coeur du lecteur. C'est assez impressionnant et je regrette qu'il ne soit plus là aujourd'hui ; j'aurais eu beaucoup de questions à lui poser. La richesse de ses phrases est juste magnifique...tout est superbement écrit, décrit...sublime! Il y a beaucoup de poésie, aussi, dans ce livre, il y a également de la douceur, de la grâce, comme la danse, une sorte de légèreté parfaite, qui berce les lecteurs. Il nous fait vivre l'histoire, le livre.
  Le récit est très personnel puisqu'il est raconté à la première personne, et l'auteur a employé beaucoup de métaphores, de comparaisons afin d'appuyer les sentiments de Zouck : désespoir, joie, fierté.
  Vous l'aurez compris, pour moi ce livre a été un coup de coeur total, et démesuré! Je suis pressée de pouvoir découvrir d'autres textes de M.Bottero, des textes, qui, je n'en doute pas, seront aussi puissants que celui-ci. Un livre magnifique et à la fois touchant, transperçant comme je le disais. Un très beau combat, dur mais beau et émouvant. Âmes sensibles...s'abstenir, tout de même.
  Elu coup de  8937439-symbole-gribouill-es-coeur-rouge.jpg de Février 2012!   
  http://img600.imageshack.us/img600/2981/jeunesse.png    

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