En quelle langue?

samedi 20 avril 2013

Les mots qui tuent, d'Agnès de Lestrade

 Mara, qui préfère garder les mots dedans que de devoir les exhiber aux autres, préfère les copier dans son petits cahier rouge. Un cahier qu'elle ne veut que personne ne découvre. Car ces mots sont des mots de haine, des mots horrible tournés contre sa propre mère, une couturière hors pair qui fait d'elle son mannequin permanent.
  Mais à sa rentrée de 4ème, tout change. Mara a grandi et sa mère ne veut plus d'elle pour modèle. Lorsque l'adolescente rencontre Clara la délurée, Mara fait tout pour ne jamais la perdre. Y compris l'irréparable. Elle parle. En ne dis pas n'importe quels mots. Elle prononce les mots qui tuent.
 
                   MON AVIS
 
  Un petit livre que j'ai dévoré mardi soir, et dont j'ai eu du mal à me remettre! Il est vraiment court et se lie très vite : une cinquantaine de pages, et je le conseille à tous les adolescents pas trop sensibles. Il est vraiment particulier, fort, touchant et horrible à la fois, mêlant des tas d'émotions parfois paradoxales.
  Ce récit est écrit à la première personne, et nous parle dès les premières pages de son enfance difficile. Elle en veut terriblement à sa mère qui ne lui a jamais montré la moindre trace de sincérité, de gentillesse, de tendresse, elle en veut aux mots qu'elle n'arrive pas à prononcer pour se libérer de ce surplus des phrases qui se bousculent dans sa tête. Les mots lui font mal. Aussi, lorsqu'elle trouve Clara, elle lui raconte tout, mais celle-ci ne comprend pas. Puis, Mara a peur que Clara ne se lasse d'elle, de leur amitié. Alors, elle invente un mensonge fatal : celui d'un viol inventé pour se faire accepter. Maintenant, plus personne ne pourra se désintéresser d'elle. Le réconfort tant espéré de sa mère, l'enveloppe enfin comme elle en aurait eu besoin pendant toutes ces longues années.
  Cette histoire est très intéressante, et bien racontée. Assez décapante, aussi! Le dénouement fait froid dans le dos, mais est très bien analysé. J'ai été transportée par cette histoire.
  Tout d'abord, on ressent une certaine haine envers le monde qui entoure Mara, la laissant seule au milieu de tous puis peu à peu, cette haine s'est muée en quelque chose d'assez indéfinissable. Peut-être de la compassion, ou de l'empathie.
  Un texte fort qui touche et marque. Les relations entre les personnages sont très bien analysées et décrites, on fait presque partie de l'histoire, à la fin.
  Une fin tortionnaire, qui blesse, et brûle dont je me souviendrais longtemps, personnellement!
  Encore une très belle découverte avec ces petits livres que je dévore! Des textes de plus en plus étonnants, de plus en plus prenants.
 
(Comporte 59 pages.)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Bonjour!
Pour laisser un commentaire, assez simple :
- vous écrivez votre message dans l'encart blanc pour cela, juste sous ce petit texte
(- vous êtes gentil-poli-mais-vous-dites-quand-même-ce-que-vous-pensez)
- vous sélectionnez le profil de votre choix
- vous appuyez sur "Publier"
ET VOUS N'OUBLIEZ PAS DE FAIRE LE CODE POUR PROUVER QUE VOUS N'ETES PAS UN ROBOT!

Et voilà! C'est dans la poche, prêt à être lu, publié par mes soins et à obtenir une réponse!
Merci beaucoup pour votre passage sur Rivière de Mots et à très bientôt!