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mercredi 24 avril 2013

Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand

 
  Cyrano, poète hors pair, est un homme laid. Doté d'un nez impossible à décrire. Lorsqu'il tombe amoureux de Roxane, sa cousine, et que, ne lui avouant pas, cette dernière s'amourache de Christian, un beau jeune homme, Cyrano aide celui-ci à lui déclamer des poèmes et à se faire passer pour un homme intelligent, instruit, et beau parleur, poète.
 
Écrit par Edmond Rostand
Aux éditions Folio Classique
418 pages + Chronologie d'une quarantaine de pages 
 
                  MON AVIS
 
  Tout le monde connaît cette pièce mythique. Pour les cours, j'ai dû la lire, mais de toute façon, elle était dans mon "programme de lecture", alors elle n'aurait pas tarder.
  Et je voudrais d'abord vous dire qu'elle m'a plue. Et même plus que ça ; j'ai totalement adoré! Ceux que l'idée de "classique" rebute par ces longues phrases incompréhensibles, ce livre est fait pour vous. C'est du théâtre, mais c'est un classique, sans aucun doutes!
  Cette pièce, je l'ai lue en très peu de temps, moins que je ne le pensais préalablement, tant elle m'a plue. Je l'ai dévorée, béquetée de toutes parts, je m'y suis attachée, n'ai pas pu la lâcher, l'ai finalement terminée dans mon lit, après cinq minutes pour les vingt dernières pages, la frustration de connaître déjà la fin par le film au fond du ventre, qui me talonnait l'estomac. Et je peux vous conseiller une chose : si vous n'avez pas encore vu le film, précipitez-vous tout de suite, dans l'immédiat sur le livre! Si vous allez le voir au théâtre, c'est différent. Il vaut mieux le voir "pour la première fois" au théâtre et le lire ensuite que le contraire, selon moi. Après, ce n 'est que mon avis! Mais je le partage volontiers, comme d'habitude! 
  On ne peut pas dire que je me suis beaucoup attachée aux personnages, sauf à Cyrano, quand même, parce que...parce que c'est impossible de faire autrement! Même avec ses petits côtés vaniteux et imbu de lui-même, il a une telle pertinence, un tel débit de poésie...c'est juste impressionnant! Et l'auteur, même dans les didascalies, a inséré des petites rimes par-ci par-là...tout bonnement dingue! Et moi, je le lisais ça, alors que j'essaye d'écrire des poèmes et qu'en des jours et des jours je ne parviens à écrire rien de bien... Très frustrant, de ce côté-là, je peux vous l'assurer!
  Mais j'en étais aux personnages. Roxane. Roxane m'a exaspérée. Elle est insupportable ; juste insupportable! Le cliché type de la précieuse -ridicule. Elle est vraiment fatigante... Une petite sainte nitouche, rien de plus, rien de moins. Elle ne montre pas ses sentiments amoureux et attend qu'on la flatte, attend l'homme parfait qui viendra la chercher lui-même alors qu'elle ne se rend pas compte de la beauté ou de la bêtise intérieure d'autrui. 
  Christian, je l'ai bien aimé. Il est discret, mais éperdument amoureux de Roxane et malgré son manque de finesse, parfois, et de poésie, surtout, il tient bon et ne se décourage pas. L'effort paye bien vite, d'ailleurs! Il est beau et courageux, superficiel au début, mais ce côté-ci est vite estompé et son authenticité ressort, révélant un homme mûr et amoureux mais réaliste, bien que rêveur par moments.
  Quant aux autres personnages...ils ne jouent qu'un rôle secondaire même s'ils sont assez présents, comme par exemples Le Bret ou Ragueneau.
  Vers la centième page est arrivée la fameuse réplique que j'attendais tant. Cette réplique que tout le monde connaît. " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! ". Oui, elle est certes bien belle, mais dans cette réplique, ce n'est pas le meilleur vers, je peux vous l'assurer! Enfin, je trouve... C'est celui qu'on retient le plus, mais les autres "tons" sont parfois bien meilleurs que celui-ci. Prenez par exemple : " Aimez-vous à ce point les oiseaux Que paternellement vous vous préoccupâtes De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?" ou bien : "Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez, La vapeur du tabac vous sort-elle du nez Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ?". Je les trouve meilleurs.
  J'ai mis un petit temps avant de me rendre compte que tout était écrit en vers, donc en rimes et en alexandrins. Et lorsque je m'en suis rendue compte (oui, oui, c'est bon, pas la peine de faire de commentaires désobligeants!), je peux vous dire que j'ai compté le nombre de syllabes sur plusieurs vers tellement j'étais éberluée du talent dont on devait faire preuve pour écrire pareillement, pour écrire aussi prodigieusement.
  Cyrano est un chef-d'œuvre littéraire qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie, d'une beauté inégalable et d'une rare exception, même si c'est un petit pléonasme, ce que je dis là. Une pièce qui mérite amplement que tous s'y attardent.
  Ma chronique est courte mais suffisante et j'espère vous avoir donné envie de lire cette fabuleuse pièce en cinq actes qui se dévorent.
  A lire-à lire-à lire-à lire!!!

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